Ralph Astruc 1 (Présentation)

Octobre 1990

Alors que la Guerre du Golfe se prépare dans des pays bourrés à craquer de barils de sable, de châteaux de pétrole, et de méchants messieurs avec des chiffons à carreaux sur la tête, le petit Ralph Astruc (qui n'est aucunement préoccupé par la guerre, bécile) s'apprête à faire sa grande rentrée en classe avec un peu de retard. En effet, il a été retenu pendant un mois derrière les barreaux de son lit d'hôpital, afin d'effectuer des examens neurologiques approfondis. Résultat nul... comme Marie Besnard l'empoisonneuse, les médecins l'ont déclaré « anormalement normal. »

Dehors il pleut, puis il ne pleut plus, puis il pleut et il s'arrête définitivement de pleuvoir : seulement des gouttes d'eau tombent du ciel, formant les cordes impalpables d'une harpe aquatique. Dedans, école intra-muros, froids sont les couloirs bleus-gris qui mènent en classe. Accompagné par le dirlo, Ralph entre timidement dans la salle de cours empestant la craie, sous les regards médusés des requins d'élèves.
- Comment t'appelles-tu ? demande la maîtresse
- Rrrafatruc
- Comment ?
Ralph devient rouge tandis qu'une sueur grasse s'évapore comme de la fumée de friture par ses cheveux. Les autres élèves comprennent très vite qu'il n'a pas inventé la brosse à dents ni le vide-ordures électronique.
- Raffffffff
- Et tu pourrais nous en dire davantage sur toi ?
- Rrralph Astruc
- On y est presque, allez, on encourage votre camarade !
- Bon... bon... jour, j'ai pipi...
- Ha ha ha ha ha ha ha (éclat de rire général de l'auditoire composé de douze filles et treize garçons de dix ans, plus la maitresse d'un âge, hum, certain...)

Ce jour-là, il aura fallu vingt-deux minutes à l'enseignante pour faire taire les moqueries dans la classe, un record. Parfois, elle repense encore à cet élève pour le moins curieux qui n'est resté que quatre jours dans cette école, le temps qu'on lui pique toutes ses affaires, qu'on lui fracture la mâchoire et qu'on le retrouve ligoté tout nu à un marronnier, avec taggué « Saddam Hussein vaincra » sur son abdomen.

Vingt ans plus tard, yo man, Ralph Astruc est toujours dans la place. Il a changé, oui et non... On pourrait le qualifier de philosophe de l'extrême tant son point de vue sur le monde et ses aventures sont particulières, frôlant parfois l'absurde vérité de la condition humaine. Peut-être vous les ferais-je partager ? Je le connais bien ce gars, c'est mon meilleur ami... imaginaire.
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# Posté le mardi 15 décembre 2009 12:27

Bande-annonce Gainsbourg (Vie héroïque)

Il n'y a plus qu'à croiser les doigts pour que le résultat soit à la hauteur de l'attente...

# Posté le dimanche 15 novembre 2009 06:56

L'air de rien

Après des années de réflexion, sortie de mes neurones malades, voici la chanson ultime (cherche quelqu'un pour la mettre en musique^^)

L'air de rien
Je passais par là
L'air de rien
Tu passais par là
L'air de rien
On ne pensait pas
L'air de rien
Qu'on allait faire ça
L'air de rien
De cet air sérieux
L'air de rien
Dans l'air vaporeux
L'air de rien
J'ai vu dans tes yeux
L'air de rien
Dans leur éclat bleu
L'air de rien
L'amour qui flottait
L'air de rien
On a chaviré
L'air de rien
J'ai saisi ta main
L'air de rien
On s'est enlacés
L'air de rien
On s'est embrassés
L'air de rien
Sans compter demain
L'air de rien
Nos c½urs qui battaient
L'air de rien
L'été commençait
L'air de rien
On était liés
L'air de rien
Quand on s'est quittés
L'air de rien
Combien j'ai pleuré
L'air de rien
Sur des airs si tristes
L'air de rien
J'ai perdu ta piste
L'air de rien
Tu t'es envolée
L'air de rien
Je suis retombé
L'air de rien
Mes rêves sont brisés
L'air de rien
J'ai voulu m'tuer
L'air de rien
C'était pas malin
L'air de rien
Toujours ce chagrin
L'air de rien
J'ai ach'té un chien
L'air de rien
Rien ne m'consolait
L'air de rien
Alors j'ai sauté
L'air de rien
Dans une eau glacée
L'air de rien
Je suis encor là
L'air de rien
Mais j'ai un peu froid
L'air de rien
J'ai bu cette tasse
L'air de rien
Pour toi ma pétasse
L'air de rien
Je me suis fait moine
L'air de rien
J'ai une belle soutane
L'air de rien
Dieu c'est mon copain
L'air de rien
Je peux boire du vin
L'air de rien
J'ai trouvé ma paix
L'air de rien
J'me fais un peu chier
L'air de rien
J'en peux plus d'prier
L'air de rien
Malgré les soucis
L'air de rien
Une femme dans son lit

L'air de tout
C'est mieux qu'un crucifix !

# Posté le vendredi 06 novembre 2009 12:50

Clair-obscur

Clair-obscur
C'est un lieu fermé
Ouvert sur le monde
C'est un lieu sans clé
Où trottent les ondes

Emprisonné dans sa boîte
D'ossements, toujours alerte
L'éclat de cent mille Watt
Recherche une porte ouverte

On l'entend gémir dans le silence
Des mornes ténèbres crâniennes
Lui qui voudrait combler ses carences
Rêve encor d'une magicienne

Respirer le parfum capiteux d'une belle
Dans sa main retrouver la douceur infinie
En son sein s'abreuver d'un million d'étincelles
Pour couvrir d'étoiles sa trop longue nuit

Mais le monde entier plonge dans le noir
Tandis que le jour se lève
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# Posté le samedi 24 octobre 2009 14:47

Impulsion

Impulsion
Mon texte le plus frais (moins d'une semaine) parce que le reste des "choses" publiées sur ce blog date d'un, deux, voire trois ans... En terme d'évolution, je défie de plus en plus les bienséances, deviens hermétique, prends des libertés avec notre chère langue française, utilise l'anglais (depuis que je sais que Stendhal annotait ses textes dans "un anglais fantaisiste" ,dixit Bayle.)



Marcher, marcher, marcher dans le matin suie parmi les carlingues vrombissantes, dans les puanteurs ovales et les éclats d'éclairs. Marcher sans but, comme un Sganarelle à ressorts, dans le jour à peine ouvert. Arpenter (K) le boulevard of broken dreams. Aha, aha, ahaaaaa...etc. Arborer fièrement le cône nicotinique, reflet du deuil. Fumer les nuages-crabe du Paradis. Essuyer toujours les mêmes torchons, sous le regard des harengs médusés.

Et rembobiner mon âme dans la bruine matinale : voyons my lady, qu'avons-nous là ? Les incisions de bistouris originelles, les ponts-transbordeur, les soleils cou-coupés d'Aimé, le black-out, les fougères amères. Un jour d'épaules nues ? Mon cul ! Le poing final, enfoncé dans mon foie. Régurgiter ma bile. Combien de fois ai-je dégueulé ma jalousie ? Combien d'hectolitres giclant de ma bouche d'égout ? A roussir la cuvette de mon sang et de ma haine. Alcoolémie zéro dans l'autoroute de mes veines, rien que la condescendance de celle qui fut jadis... de celle que J'... des coups, des coups, des coups de fil ! Elle le marteau moi la pointe...

Elle était ma porte de sortie, mon fourre-tout, mon caméléon, ma fleur de coton. Pourquoi tant de misère maintenant ? Et je n'aurais plus qu'à flammer les cordes qui brûlent mon cercueil ? Amen pour une autre fois my lady. Et si je balançais, et si ce soir je mettais deux doigts dans la prise, deux doigts dans la gorge ? They don't care ton sourire de Joconde quand tu l'avais de profundis ! But I remember only this... Et l'éléphant, franchement ! Je pourrais en gratter, des cordes et des pages sur tes lèvres, inventer des chords insensés. C'est drôle, mes yeux pleurent... oh sainte douleur ! Ne cesseras-tu jamais ? Je te laisse les derniers mots : « tout a échoué, rien n'a fonctionné. »

Résultat :

Pouls à 140, yeux injectés de sang, tremblements, insomnie, nausées.
Waterloo +9, aucune amélioration...
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# Posté le samedi 10 octobre 2009 12:16

Modifié le dimanche 11 octobre 2009 07:09